Les habitués la dépassent. Les touristes en font une étape incontournable. En aucun cas, elle ne laisse indifférents les passants. Y pénétrer met en éveil tous vos sens. À la découverte de la cathédrale de Tournai.
Le portail de la cathédrale dépassé, la lumière s’amenuise et les bruits de la ville s’étouffent. Le calme s’impose. Réconfortant en été et paralysant en hiver, le froid habite le lieu et vient mordiller la peau. Il a pour compagne l’odeur de « vieille église », mélange d’humidité, de moisissure et de poussière.
Quelques visiteurs s’extasient face aux vitraux sacrés remplis de couleurs. D’autres demeurent hypnotisés par l’immense croix suspendue au bout de la nef. Les légers bruissement de pas sur le carrelage se mêlent aux rares chuchotements, synonyme de respect. Une photo ou deux plus tard, les gens s’en vont. Les cierges se consument et le lieu retrouve sa sérénité. Seul le bruit lointain des cloches annonce l’arrivée des seize heures. Une opportunité pour laisser flâner son regard sur ces traînées noirâtres de poussières qui habillent les murs, témoins de l’histoire du lieu. Ou encore sur la dame vêtue de noir, assise au premier rang, les yeux clos, une photo entre les doigts, avec pour seule compagnie : des saint statufiés aux murs.
À la fin de la journée, les rayons du soleil déclinent à travers les vitraux. Dernière à partir, la dame en noir se lève, fixe l’autel quelques instants, comme un hommage discret à ce lieu empreint de mémoire et de témoignages muets. Le crépuscule enveloppe progressivement la cathédrale, les ombres et les dernières lueurs du jour coexistent et mettent en valeur chaque détail architectural. La bâtisse finit par se plonger dans le silence de la nuit avant d’accueillir un nouveau jour et de nouvelles histoires au lever du soleil.